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Bigbonobo

Articles avec #rock tag

[Le vinyle du mois] Eric Ter - Grandeur et Mystères (1998)

16 Juillet 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #rock, #blues, #frenchrock, #EricTer, #EricSirkel, #parlonszic, #chicparisien

"Cherchez l'erreur". Je n'en ai pas trouvé beaucoup dans ce magnifique concept album qu' Eric Ter réalise avec Daniel Cambier et Jean-Bernard Lepape à son retour des USA en 1998.

Si vous ne l'avez déjà lu, je vous suggère de vous reporter à un article plus général fort audacieusement intitulé "Sexarockers"...

Sur des riffs de basse d'une efficacité sans failles, émaillé d'échantillons choisis avec goût et magistralement orchestré, enregistré et mixé par Eric lui-même, ce disque fourmille d'idées musicales et de surprises sonores inusitées qui habillent sans le moindre temps mort une inspiration et une écriture splendides. J'y vais trop fort ?

Allez, je regrette que Jean-Bernard ne joue pas sur tous les morceaux, sans doute par économie de moyens, ce qui induit l'usage d'une boite à rythmes ou de boucles de façon parfois trop sensible. Mais les arrangements de guitares sont si intéressants qu'ils occultent ce rare défaut...Quant à Daniel, on peut sur "Sacrés Chakras" mesurer l'étendue de son jeu, comparable ici à celui d'Alphonso Johnson, rien de moins...J'y vais encore trop fort ?

Une critique: l'échantillon de l'intro de "I'm the Walrus" dans "Abus de confiance" aurait pu te coûter très cher, Eric !

Une autre: toi qui écris de si bonnes chansons, "Dragon sympathique"...papillon à moteur..."Le mome au projecteur", "Miroir"...toi qui y vois des trucs qu'ya pas dans la pièce...toi qui joues si brillamment de la guitare, toi dont j'admire le talent, l'élégance et l'acharnement, toi qui sais pourtant qu'il faut caresser le système dans "Le sens du poil", toi qui sais si bien cultiver l'amitié et rester fidèle à tes principes, pourquoi, dans la vraie vie, ne souris-tu pas plus souvent ? Allez, "Dis-le"...

Faites donc plus ample connaissance avec cet artiste unique sur son site officiel !

Cet album sera sans doute ré-édité chez Chic Parisien, label sur lequel cet authentique guitar-hero fait son retour, comme en témoigne "Play It Up !", un nouveau titre en vidéo, ci-dessous

Pour écouter cet album, on doit enclencher le jukebox

Pour acheter d'autres albums réalisés entre-temps, il faut se rendre sur le site de Dixiefrog..

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[Le vinyle du Dimanche soir] Chuck Berry – Mr Rock’n Roll – 1981

2 Juillet 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #Culte, #rock, #Chuck Berry

 

C’est d’une compilation sur vinyle 180 grammes pressée dans une usine tchèque et éditée en France qu’il s’agit aujourd’hui.

Un disque qui regroupe des titres immortels, que vous connaissez tous, indispensables à toute discothèque.

Rien de tel qu’un bon vieux Chuck, paix à son âme, pour vous annoncer la fin de ce rendez-vous hebdomadaire, après plus de 200 disques présentés et commentés.

J’avoue que cette rubrique dominicale me prenait pas mal de temps, un temps que je veux consacrer désormais à de nouvelles activités, encore plus prenantes, vous vous en doutez.

Mais, rassurez-vous, un bon vieux disque des familles viendra ponctuer chaque mois, « Le vinyle du mois », sous une forme plus condensée mais sans page connexe…En effet, sur cette dernière  vous trouverez dès la semaine prochaine quelques unes de mes chroniques pour Radio Kaos Caribou en écoute, ainsi que les liens pour télécharger l’intégralité d’icelles, soit 77 podcasts de 5 minutes chacun environ…Pour ceux qui supporteront ma voix grave et éraillée bégayant mes avis plus ou moins pertinents. J'éxagère à peine, avis aux amateurs… !

Mais surtout, une nouvelle rubrique viendra augmenter ce blog : elle sera consacrée à la toute récente création de mon label discographique, Chic Parisien. Enregistrements, interviews, reportages et découvertes sont au programme, un programme difficile à tenir sans votre soutien, vous en conviendrez. 

J’en profite pour vous faire part de l’opportunité de télécharger gratuitement 6 titres et une vidéo, extraits de l’album de Paris DC « Eldorado » , en vous connectant et en laissant votre adresse courriel sur le site du label…Il s’agit de notre première parution, dont la qualité et la fantaisie pourraient bien vous surprendre agréablement…

La seconde publication du label sera le mini-album d’ Eric Ter, dont le retour devrait ravir plus d’un amateur de blues-rock, une publication qui precèdera la sortie d’un album 33 tours vinyle, prévu pour la fin de l’année !! Je vous invite à faire partie de nos premiers visiteurs, vous serez chouchoutés ! L'ouverture de la boutique en ligne est programmée pour le 15 juillet, en attendant venez nous découvrir !

En attendant, du Wokenwoll comme peut-être on en fait encore,

sur la page connexe.

Vous pouvez bien entendu vous procurer le dernier disque de Mr Berry, en vinyle,  le posthume « Chuck »,  à 25€,  sur Amazon….et ailleurs. Cela n’enrichira pas forcément qui de droit.

Je ne vous dis pas à la semaine prochaine.

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[Le vinyle du Dimanche soir] Joan Armatrading – Me Myself I – 1980 (replay)

12 Mars 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #rock, #Joan Armatrading, #reggae, #blues

Une fidèle lectrice m’a fait la remarque que l’album du jour avait déjà été chroniqué. De fait, je vous l’avais proposé en Mars 2015. Mais il me faut tenir la promesse faite la semaine dernière, ce qui est un vrai plaisir puisque je respecte profondément cette artiste. Revenons un peu sur sa carrière.

Son premier album, «Whatever’s for us», paraît en 1972 et présente la particularité d’être en partie arrangé par Elton John. Il s’en vendra peu. Cela sonne plutôt folk-rock, ce qui sera la couleur générale de la majorité de sa production. D’un caractère déterminé et intransigeant, Joan n’enregistrera pratiquement jamais que ses propres chansons, dont les textes teintés de féminisme et d’ironie romantique lui valent un succès d’estime pour un second album, «Back to the night», paru en 1975 et où joue le bientôt célèbre Andy Summers. Ses premiers flirts sérieux avec le reggae et le blues commencent avec «Joan Armatrading», album paru l’année suivante, produit par Glyn Johns, et qui présente un son plus accrocheur. Ce sera presque un succès commercial, et il devient clair que la critique dans son ensemble supporte cette artiste atypique. Il faut dire que c’est sans doute un de ses meilleurs disques. «Show some emotion», paru en 1977, est un disque puissant et varié, dans lequel on ne trouvera aucune des dérives de production qui affectent la musique mainstream de ces années-là.

«Me Myself I» i est l’album qui lui permettra d’accrocher le top 40 des charts US pour la première et dernière fois. Un album gai et dynamique, très bien produit, à l’inverse de l’album de l’année suivante, «Walk under ladders», où il sera définitivement démontré que le son new-wave n’est pas fait pour elle. Sa production deviendra des plus banales jusqu’à la parution de «The shouting stage» en 1988, où se remarque la présence efficace de Mark Knopfler. Depuis 1995, elle auto-produit plusieurs albums de bonne tenue, dont l’excellent «Into the Blues» (2007) et de nombreux concerts auront assuré la pérennité d’une carrière plus que respectable. Son dernier concert à Paris remonte au 10 Février 2015, au New Morning. Une bien petite salle pour une si grande artiste, mais quelle intimité chaleureuse pour cette ultime prestation parisienne ! Puisqu’il s’agissait de sa tournée d’adieux, la dame ayant opté pour la retraite à 65 ans.

On teste mes dires sur la page connexe.

[Le vinyle du Dimanche soir] Joan Armatrading – Me Myself I – 1980 (replay)
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[Le vinyle du Dimanche soir] Joan Armatrading – To the limit - 1978

5 Mars 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #blues, #rock, #reggae, #Joan Armatrading

Née dans les Caraïbes en 1950 puis installée avec sa famille en Grande Bretagne, Joan commence sa carrière de chanteuse en postulant au casting de la comédie musicale « Hair ». Une carrière ininterrompue depuis, avec quelques albums classés disques d’or dans les années 70, sans jamais atteindre une notoriété fracassante, mais avec le soutien de la critique et d’un public qui est resté fidèle à sa voix souple et saisissante et à ses compositions sans prétention. Je vous suggère de visiter son site officiel pour en savoir plus sur son actualité et éventuellement vous procurer ses albums.

La force de ses chansons, mais aussi leur faiblesse, réside dans leur simplicité. Joan, militante féministe et homosexuelle, dit juste ce qu’elle a à dire, mais nous parle de la vraie vie, sur des mélodies aussi peu prétentieuses que les mots qu’elle utilise. Cette franchise est appuyée par une voix unique, à la fois rauque et puissante, brutalement dramatique, ainsi que par un talent certain de guitariste.

Ce qui rend ce qu’elle produit intéressant et mémorable, mais ce qui fait aussi qu’elle n’a jamais connu le succès de celles à qui elle a ouvert la voie, comme Tracy Chapman, qui lui doit beaucoup.

Certes, l’album de cette semaine n’est pas son meilleur. Disons que c’est un avant-goût de « Me myself I », paru en 1980, que je vous proposerai la semaine prochaine. Sans aller plus loin aujourd’hui.

Mon titre préféré ? «You hope You Tie Me». On écoute sur la page connexe !

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[Le vinyle du Dimanche soir] Ramon Pipin’s Odeurs - 1979

26 Février 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #rock, #frenchrock, #Odeurs, #Au bonheur des dames, #Culte

Le rock parodique est une spécialité difficile à pratiquer. Musicalement, n’est pas Zappa qui le voudrait, et le champ sémantique exploitable est des plus délicats. Mais Au bonheur des Dames d’abord, puis le guitariste Alain Ranval ‘aka Ramon Pipin et sa bande d’allumés aux pseudonymes improbables ensuite, porteront le genre au sommet de la loufoquerie et de la popularité, du moins en France.

Le disque de cette semaine est le premier album du groupe ; mais ce n’est pas le meilleur ! Le suivant, « No sex » (1980) me paraît plus réussi. On y reviendra sans doute.

Résumons l'affaire: Le premier titre parodie le pire de la variété française, et on y reconnaitra plusieurs chansons populaires de l’époque. Le rock anglais n'y échappe pas avec "Je suis mou"...Un peu plus loin, on sera cueillis par une reprise disco du « Dominique » de Sœur Sourire… avant de nous égarer dans la caricature  (« Gros snob », « Ode au Pintemps ») ...à priori rien de très engageant. Mais les enregistrements témoignent d’un souci permanent de qualité musicale, les arrangements sont pertinents et la technique inventive. Il faut dire que la bande avait investi dès ses premiers succès dans un studio (Ramsès) et que tous sont des musiciens accomplis et aguerris, avant d’être des rigolos. Mais de là à transformer « I wanna hold your hand » en chant martial rythmé par des bruits de bottes, quand même !! Je préfère lorsque, en fin de Face B, on s’aventure sur les terres de Screamin’ Jay Hawkins (« Defecation Blues »)…un disque qui se termine en beauté avec un petit bijou de comptine, « Vilain petit zoziau »

Ces vétérans font partie de la tournée Age tendre et tête de bois produite par C.Dechavanne, qui vient de s’achever à Bruxelles. Et qui n’avait paraît-il rien de pathétique, même si Marcel Amont affiche 87 ans au compteur. Une soixantaine de dates, à raison de deux sets de huit minutes par date, voilà qui aura permis de revoir, sans doute pour la dernière fois, ce groupe finalement mythique. Bien entendu, pas dans la formation d’origine… Costric 1° est décédé, mais le journaliste et producteur Vincent Lamy ainsi que Laurent de Gasperis (aka Fabrice des Dieux, guitariste, bassiste, co-producteur de l’album No Sex, également ingénieur du son…) sont toujours là, épaulés par mon excellent ami et complice Jean Bernard Lepape qui tient la batterie.

En attendant de prochaines aventures, on peut écouter ces odeurs sur la page connexe…

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[Le vinyle du Dimanche soir] Doobie Brothers - Farewell Tour- 1983

15 Janvier 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #DoobieBrothers, #rock, #Culte

Mon exemplaire de ce double album est en assez piteux état. Mais vous pourrez tout de même disposer d’une écoute décente, malgré les travaux de labour pratiqués par d’aucuns sur ces précieux vinyles…Publiés en 1983, ces 17 morceaux résument la carrière du groupe. Depuis le boogie rugueux de leurs débuts, incarné par Tom Johnston, qui ouvre le bal avec « Slippery St. Paul » et le termine avec « Long Train Runnin « ' et « China Grove, » jusqu’à leurs plus grands succès, comme « Minute by minute », après qu’ils aient adouci leur musique pour devenir un groupe de Blue-eyed soul… On craint souvent d'un disque enregistré en public qu'il nous délivre de moins bonnes versions que les originales. Mais ici c'est tout le contraire.

[Le vinyle du Dimanche soir] Doobie Brothers - Farewell Tour- 1983

Cet enregistrement nous prouve tout leur talent et leur savoir-faire, et peut-être considéré comme une des meilleures prestations live qui soient, avec une version endiablée du titre favori des bandes de motards furibards de l’époque, «Rockin 'Down the Highway», ou les versions métamphétaminées de « Listen to the music » et « Sweet Maxine ». Quant à Michael McDonald, qui avait rejoint le groupe au milieu des années 70, lui apportant sa puissance mélodique et de nombreux succès , il nous transperce l’âme avec un  «You Belong to Me» d’anthologie.  A noter qu’il existe sur le tube une video de 53 minutes de ce concert. On en profite, cela pourrait ne pas durer.

Ce qu’on entend ici, c’est un groupe soudé et aguerri, qui joue quasiment dans sa ville natale, devant son public, la date finale d’une tournée d’adieux. Les morceaux sont joués à la fois avec frénésie et avec précision, tout le monde s’appliquant à pousser férocement la machine dans ses derniers retranchements. "What a fool believes" est une de mes chansons préférées, probablement parce qu'elle parle d'amours gâchées et d'opportunités manquées, Je ne sais pas quel est votre morceau favori du répertoire des frères pétard, mais sa meilleure version figure forcément sur ce double album, qu’on écoute avant qu’il ne neige, comme d’habitude  sur la page connexe.

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[Le vinyle du Dimanche soir] Robert Palmer – Some people can do…1976

8 Janvier 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #RobertPalmer, #funk, #rock, #Curiosités, #LittleFeat

Voici l'un des albums les plus sous-estimés de Robert Palmer. Un album négligé, notre chanteur de charme préféré étant surtout connu pour ses succès des années 80, « Pride » et « Heavy Nova »  On y retrouve pourtant ses amis de Little Feat, Paul Barrere, et Bill Payne, ainsi que le dernier des grands batteurs, Jeff Porcaro, accompagné du brillant bassiste Chuck Rainey.  Ce troisième album de Robert Palmer est certes un disque de Blue-eyed Soul , mais convenablement mâtiné de rock et de reggae, qui a parfaitement sa place à la suite de « Sneakin ' Sally Through the Alley » et « Pressure Drop », déjà chroniqués dans ces pages.

Cette fois, Palmer laisse tomber les orchestrations qui avaient embourbé certains morceaux de Pressure Drop pour un son plus décapé mais néanmoins élégant, apte à créer une ambiance chaleureusement romantique…La pochette, où notre ami pique…nique…en compagnie de la playmate du mois d’avril 1976, Denise Michele, est sans doute la conséquence d’un plan marketing soigneusement pensé, mais le contenu est de première bourre, si j’ose dire. La face A débute avec "One Last Look", une chanson aux arrangements luxuriants, et avec "Keep in Touch", une chanson romantique qui met en valeur la voix de Palmer avec sa  mélodie doucement jazzy mais complexe... «Man Smart, Woman Smarter» mélange pop et reggae avec bonheur…. « Spanish Moon » est une magnifique chanson de Lowell George, reprise ici avec classe…Et cette face se termine par un morceau plus convenu, moins catchy malgré des chœurs énergiques.

La face B me laisse une impression plus mitigée. Des morceaux funky comme «What Can You Bring Me» et «Hard Head» évoquent avec succès une atmosphère torride, mais ne prennent jamais une direction mélodique intéressante. Un morceau carrément problématique est "Off the Bone", un instrumental qui ne sert à rien d'autre qu‘à remplir deux minutes, à une époque où on pouvait se permettre de faire des albums d’un peu plus d’une demi-heure…Et le dernier morceau qui donne son titre au disque nous propose une mélodie particulièrement pauvre camouflée par une production ultra-foisonnante. Malgré ces restrictions, cet album nous laisse assez de moments mémorables et calorifères pour un dimanche soir de Janvier, une opinion à vérifier bien entendu sur la page connexe.

P.S : l’absence de commentaires sur le vinyle de la semaine dernière me laisse perplexe.

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[Le vinyle du Dimanche soir] John Mayall – Blues from Laurel Canyon– 1968

20 Novembre 2016 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #blues, #John Mayall, #Culte, #rock

En 1967, John Mayall a 34 ans. Il vient de dissoudre ses Bluesbreakers – dans lesquels ont officié ensemble ou successivement Eric Clapton, Jack Bruce ou encore Peter Green, entre autres futures légendes du Rock - et part à Los Angeles en vacances… Il laisse derrière lui un paysage musical britannique en pleine effervescence : cette année-là est paru l’énormissime Sgt Pepper’s, les Who nous pondront l’affligeant Tommy l’année suivante et des groupes comme Genesis ou Yes émergent... La mode du concept-album bat son plein et Mayall y cède –presque- pour enregistrer sur place et en trois jours le récit de ses vacances, depuis son arrivée à L.A. jusqu’à son retour en la perfide Albion.

Il faut dire que le contexte californien, la douce température et l’herbe grasse, les clubs où il rencontre Canned Heat, Frank Zappa et Captain Beefheart, les jolies filles et…une maladie vénérienne…tout lui est inspiration ! Affranchi de ses responsabilités de leader, John se libère aussi des carcans du blues classique et se livre sans retenue à des expériences musicales pour lui toutes nouvelles, à savoir saupoudrer sa musique d’une bonne dose de boogie woogie et de Rhythm’n Blues. Il va même jusqu’à s’inspirer des tambours Native American (« Medecine Man »)ou encore adopter une couleur plus jazzy (« Miss James »), faire du Canned Heat plus vrai que nature (« The Bear »), comme une superbe balade sans batterie, le seul morceau hanté par la guitare de Peter Green sur cet album (»First time alone »)

[Le vinyle du Dimanche soir] John Mayall – Blues from Laurel Canyon– 1968

Mais un autre élément a son importance. Pour enregistrer, outre Stephen Thompson à la basse et Colin Allen à la batterie, il embauche le jeune Mick Taylor, démontrant encore une fois son flair de dénicheur de talents. Les improvisations de ce dernier dans un morceau comme « Fly tomorrow » auront sans doute convaincu les Stones de l’embrigader un peu plus tard.

Bien plus qu’un concept-album de plus, cet enregistrement marque une vraie rupture dans la carrière de John Mayall. Il n’aura plus désormais de groupe fixe, fera une musique plus aventureuse et changera fréquemment de maison de disques. Et pour moi, c’est l’album qui me l’a fait découvrir l’année de mes dix-sept ans. Je me suis rattrapé depuis en explorant ses précédents albums, dont With Eric Clapton chroniqué dans ces pages auparavant.

Et pour les puristes, non, il ne s’agit pas ici de l’édition originale anglaise Mono parue chez Decca, mais de l’édition US Stereo London Records achetée en import…

On part cette semaine en vacances avec John sur la page connexe ?

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[Le vinyle du Dimanche soir] Bob Dylan & The Band – Before the flood – 1974

16 Octobre 2016 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #Bob Dylan, #The Band, #blues, #rock, #Culte

Avant le déluge, lorsque Robert Zimmerman décida d’emprunter le prénom d’un poète gallois pour en faire son pseudonyme, il ne rêvait sans doute pas d’obtenir le Prix Nobel de Littérature. Un cauchemar pour d’aucuns, si l’on en juge par les réactions de certains écrivains qui crient au scandale, comme Pierre Assouline. Je conçois le dépit de ce Monsieur, mais personnellement je suis ravi, quelle que soit d’ailleurs la suite que Bob Dylan donnera à cette affaire, lui qui a été qualifié de « Rimbaud du pauvre » étant désormais peut-être tenté d’imiter Jean-Paul Sartre .

Je n’aimais pas Dylan avant ce double album, je le confesse. Et je ne vous proposerai cette semaine que le premier disque, le second vinyle ayant purement et simplement disparu…Ce sont les aléas de cette chronique: je choisis un album, après l'avoir nettoyé je le numérise. La lecture se fait sur une platine vintage dotée d'une bonne cellule, captée sur les entrées analogiques de ma carte son.. Et parfois j'ai des surprises...Chroniquons tout de même.

Le contexte est le suivant : déjà fatigué des polémiques, accusé de traîtrise par ses premiers adorateurs tenants du purisme (puritanisme ?) folk, tels Pete Seeger qui coupait à la hache les câbles pendant les concerts, Bob n'avait repris goût à la scène qu'en répondant en 1971 à l’invitation de George Harrison pour le concert en faveur du Bangla Desh.  En cette année 1974, il entreprend une grande - et lucrative diront certains – tournée avec ses vieux potes du Band. Et il a bien l’intention de s’éclater grave. Il s’arme d’une guitare électrique, revisite son répertoire et découvre les joies du larsen et de la transpiration, soutenu par le groove impeccable de vieux briscards à qui on la fait pas.

[Le vinyle du Dimanche soir] Bob Dylan & The Band – Before the flood – 1974

Cette tournée est un succès énorme, mais aussi une parenthèse dans la carrière du Zim, une période étrange et torturée où il fait son Coming out Rock, et emmerde au passage tous ceux qui l’avaient transformé en icône du folk. Le compte-rendu de cette tournée, en 21 titres, est des plus réjouissants, même si le propos est nuancé. Pour résumer, on pourrait rester un peu tiède avec les morceaux composés par les membres du Band, mais les versions des grands classiques, tels que « Blowin’ in the wind » ou « Like a rolling stone » qui terminent le second disque, ou encore "Lay Lady lay" et " Knockin’ on heaven’s door " sur le premier, sont des interprétations qui font souffler l’ouragan de la révolte, qui transcendent le genre du protest song , surtout quand Bob gueule que Nixon devrait se mettre à poil devant l’Amérique….Je vous recommande un particulièrement saignant "Rainy day woman"...Oui, la tempête agite cet enregistrement. Qui précède celui d'un autre chef d'oeuvre, Blood on the tracks.

Je vous propose donc l’écoute de ce vinyle sur la page connexe, et plus si affinités grâce à la magie des liens hypertexte. Lesquels ne fonctionnent qu'une semaine, je le répète. Vous avez donc tout intérêt à vous abonner, pour ne rien manquer !

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[Le vinyle du Dimanche soir] Tim Buckley – Greetings from L.A. – 1972

9 Octobre 2016 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #rock, #soul, #funk, #Tim Buckley, #Culte

[Le vinyle du Dimanche soir] Tim Buckley – Greetings from L.A. – 1972

Si l’on en juge par le début de sa carrière de folkeux plein de bons sentiments, rien ne prédisposait à priori Tim Buckley à nous gratifier d’un album aussi torride, empreint de sexe et de funk. Car c’est bien de funk qu’il s’agit, loin des ballades romantiques aux paroles un brin trop sérieuses de ses premiers enregistrements. Dès le premier titre, « Move with me », on comprend bien de quels mouvements il est question…et chaque chanson est portée par l’expression d’une libido incandescente, de « Sweet surrender » où il nous expose sa prédilection pour l’infidélité, à « Get on top », autrement dit « Monte sur moi, femme »…Nous sommes loin des histoires de cœur brisé auxquelles il avait habitué ses fans.

[Le vinyle du Dimanche soir] Tim Buckley – Greetings from L.A. – 1972

Tim nous a laissé neuf albums studio au cours de sa tragiquement courte carrière, puisqu’il a manqué de peu son inscription au club des 27 en décédant à 28 ans d’un cocktail alcool-drogues à l’issue d'une tournée. Il aura cependant exploré tous les genres, Folk, Jazz, psychédélisme, Soul et Rock d’avant-garde.

Et, pour moi, les trois albums parus entre 1972 et 1974, à savoir le disque de la semaine, Sefronia et Look at the fool , sont ce qu’il a fait de mieux. Mais paradoxalement ce sont ceux qui ont eu le moins de succès, car proscrits des radios à cause des paroles explicites, et boudés par son public de hippies qui y voyaient une dérive à l’intention purement commerciale.

Greetings from LA est un de mes albums favoris, avec une production impeccable signée Jerry Goldstein, (qui fut aussi le manager de Sly and the family stone) des riffs imparables dus à la guitare tranchante de Lee Underwood et aux claviers winwoodesques de Kevin Kelly, et surtout grâce à une succession de chansons qui mettent en valeur les capacités vocales incroyables d’un héros connu surtout de nos jours pour avoir été le père de Jeff.

Cet album est un petit chef d’œuvre.

Voilà une affirmation qu’il convient de vérifier sur la page connexe

[Le vinyle du Dimanche soir] Tim Buckley – Greetings from L.A. – 1972
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