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Bigbonobo

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Je monte mon label : Chic parisien

9 Juillet 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #musique, #Labek Chic Parisien, #parlonszic, #Initiatives

Monter un label discographique en 2017 peut paraître une entreprise hasardeuse. Cependant, l’objet disque, quelle que soit sa nature, vinyle ou Cd, reste indispensable au développement de la carrière d’un artiste, même si prétendre assurer sa présence physique chez tous les détaillants de France et d’ailleurs est totalement illusoire. La simple observation des habitudes de consommation de la musique révèle que le public n’achète plus de musique qu’à l’unité, au format MP3 sur les plateformes de distribution musicale, et ne se tourne vers le format album que lorsqu’il est « fan », ou pour une compilation d’un genre qu’il affectionne.

En revanche, le disque reste pour l’artiste une carte de visite auprès des radios et des annonceurs,  une partie du merchandising proposé au public lors des concerts, mais aussi un objet qui se vend en VPC, de préférence « augmenté » de composants exclusifs qui font de l’acheteur un interlocuteur privilégié.

Ne pouvant plus assurer l’essentiel de leurs revenus par la vente de disques, les labels reviennent de fait à leur cœur de métier, c’est à dire le support et la promotion tous azimuts de leurs artistes.

 Quelques éléments de réflexion :

  • En France, les labels indépendants totalisent 90% de la production de musique enregistrée .
  • Comme le vinyle avant lui, le Cd est déclaré, peut-être à tort,  moribond , et le format qui lui succède naturellement est le fichier numérique ;

Les ventes en distribution numérique augmentent régulièrement et le streaming permet peu à peu au chiffre d’affaires de l’industrie du disque de se rapprocher de son niveau à l’orée du siècle, après quinze années de crise profonde ;

  • Les besoins en musique, en particulier pour la « synchro » ( illustration sonore, génériques, jingles et documentaires) n’ont jamais été aussi forts ;
  • Pour gagner 100 euros, un artiste doit = soit passer 14 fois en radio grand public (-sachant que la majorité des radios diffusent environ 2000 titres par an, ce n’est pas gagné…-), soit vendre 100 Cds dans le circuit de commercialisation traditionnel, soit être écouté 250.000 fois en streaming payant, soit être écouté un million de fois en streaming gratuit ;
  • Les coûts de production sont désormais réduits, voire nuls dans certains cas ;
  • Les coûts de fabrication ont baissé sensiblement pour le physique, et sont nuls pour la distribution numérique ;
  • En revanche, les coûts de distribution des exemplaires physiques et les coûts de la promotion publicitaire classique ont drastiquement augmenté ;

Il existe de nouveaux prescripteurs en musique, hors presse spécialisée et radios : les internautes eux-mêmes, par le biais des réseaux sociaux et des blogs spécialisés. 

La concentration, verticale tant qu’horizontale, qui caractérise la structure des « Majors », leur a permis de surmonter la crise du disque qui sévit depuis la fin du siècle dernier, en particulier grâce à l’exploitation de leurs « back catalogues » mais aussi de par la pratique du « starsystem », qui fait que chez les derniers distributeurs de musique enregistrée sous forme physique, hypermarchés et grandes surfaces, on trouve désormais des séries de ré-éditions vinyle à 10 euros, à côté  des compilations NRJ et quelques parutions CD récentes de gros vendeurs. Quant aux radios généralistes, leur proximité structurelle avec les grands groupes qui détiennent les Majors complique l’accès à ce média pour les indépendants. Seuls quelques disquaires classiques – environ 300 en France, moins que de labels - permettent aux indépendants de montrer leurs disques, au prix d’un investissement initial en acheminement et en stock qui ne trouve pas de vraie rentabilité.

En revanche, la possibilité de monétiser la musique dématérialisée via de nouveaux médias, tels que Youtube, est source de potentialités inédites pour les indépendants. 

De ces simples observations, quels enseignements ? 

  • Un label se doit de « prouver » son existence par une production physique ;
  • Cette production doit profiter directement aux artistes souvent auto-producteurs des enregistrements, via des accords de licence  adaptés;
  • La distribution numérique est une obligation incontournable ;
  • Un label doit pouvoir se constituer une base de données lui permettant d’être directement en contact avec sa clientèle potentielle, et surtout la chouchouter par des exclusivités et des cadeaux : il faut savoir donner pour recevoir ;
  • Une politique de communication qui touche les nouveaux prescripteurs que sont les bloggers, les webradios et les réseaux sociaux est indispensable, mais sans exclusive, les médias traditionnels restant incontournables ;
  • Une stratégie de communication par titre, et non par sortie d’album, doit être élaborée ;
  • Le vinyle n’est plus un marché de niche. Les audiophiles le plébiscitent, les magasins vendent de plus en plus de platines tourne-disques, les fans les collectionnent.
  • Il faut inventer de nouveaux supports pour la musique enregistrée. 

Et la musique, dans tout çà ? Les dernières cérémonies de récompenses type « Grammy Awards » ont mis en évidence un fait relativement nouveau : les chansons lauréates sortent des mêmes « usines ». Le nom de Max Martin ne vous dit sans doute rien, et pourtant il cumule à lui seul, en tant que réalisateur, plus de ventes que les Beatles...et le formatage des rythmes et des accroches est de plus en plus flagrant, appliquant des recettes déclinées à l'infini. Il y aurait donc de moins en moins de place laissée aux indépendants, mais le corollaire en est la curiosité croissante du public envers une offre originale et non-formatée.

Mes projets 

 

Daniel Cambier joue de la basse pour de nombreux acteurs de la scène rock et variétés française depuis 40 ans. Mais il est aussi auteur-compositeur, guitariste et claviériste. Depuis trois ans, nous travaillons sur son magnifique album, « Eldorado », que je veux défendre. Il est accompagné d’un groupe qui réunit Jean-Bernard Lepape (batterie, ex-Socquettes Blanches et Au Bonheur des Dames – tournée Age Tendre & Tête de Bois), Christophe Defays (Basse, auteur des musiques des films « Renseignements généraux » (1989), « La cavale des fous » (1993), « Droit dans le mur » (1997), « Dans le sillon du juge sans robe » (2004) et « Zones d’ombre » (2011), ainsi qu’occasionnellement Patrick Dietsch (guitare, ex- Martin Circus). Les textes sont en français.

Eric Ter a enregistré son premier album en 1976 à Londres, avec Mick Taylor. Daniel fait partie du groupe avec lequel il enregistre le second en 1978, à Hérouville (célèbre studio français où Bowie a réalisé trois albums). Sur un coup de tête il part à New York rejoindre Jo Lebb (Variations), puis à Los Angeles où il tient les manettes d’un studio pendant 20 ans. De retour en France en 1998, il enregistre « Grandeurs et mystères » avec…Daniel et Jean-Bernard Lepape. Depuis, signé par Socadisc puis par Dixiefrog, il enchaîne une demi-douzaine d’albums fortement teintés Blues. Il est lauréat du Prix Spécial de la Sacem. Dixiefrog recentrant ses activités, Eric rejoint notre aventure avec un Ep 5 titres prêt à être diffusé, avant un album 12 titres en cours d’enregistrement. Les textes sont en anglais et (un peu) en français.

Les frères Teixidor sont une paire de mabouls qui n’ont pas 60 ans à eux deux et pour lesquels je veux défendre un Ep 6 titres, qui lui aussi devrait précéder un album. Les textes sont en français, du genre décapant. Ils vivent à Toulouse et ont un groupe qui tournicote dans leur région. L’un d’eux co-signe la musique de deux de mes chansons et mon premier mixage pour eux remonte à 2012. On aura là du funk qui tâche, de l’electro-dub enragé et du reggae-rock sans complexes…

Voilà...Ces trois artistes sont "signés", trois autres sont en passe de l'être...

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