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Bigbonobo

Articles avec #jazz tag

[Le vinyle du Dimanche soir] Azymuth – Crazy Rhythm – 1988

18 Juin 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #bresil, #MPB, #Azymuth, #jazz, #jazzfunk

Ce trio brésilien, formé en 1973 par le claviériste José Roberto Bertrami, le bassiste / guitariste Alex Malheiros et le batteur / percussionniste Ivan Conti, s’est vite fait connaître au delà des frontières de son pays et s’est installé aux USA au début des années 80.

Je les considère un peu comme les inventeurs du sous-genre Chill out …! On trouve d’ailleurs leurs morceaux éparpillés sur bon nombre des compilations qui se sont multipliées pour pallier la crise du disque…le site discogs signale leur participation à pas moins de 197 compils ! Popularisés en France par FIP Radio, ils seront les premiers représentants de la MPB (musica popular brasileira) à être programmés au Festival de Montreux en 1976.

Leur virtuosité, mise au service d’une musique à la grande puissance évocatrice, leur samba doido ("samba folle"), leur a valu le succès: il n'y a évidemment rien de fou à la fusion des rythmiques organiques du Brésil avec l'électro-funk et le jazz !

C’est le décès en 2012 de José Bertrami qui mettra fin aux productions du groupe, après 25 albums, tous magnifiques. On peut se reporter à leur site officiel qui retrace leurs  55 années de carrière, avec quelques vidéos exclusives, en particulier celle de leur concert d'adieux à Paris en avril 2016, ceux qui y étaient s'en souviennent sans doute...

En tous cas voilà un album parfait pour siroter quelque chose de frais en cette fin de journée caniculaire !

Ce disque a été numérisé en 1990 sur Digital Audio Tape dès l’extraction de sa pochette, sur une platine d’exception équipée de la meilleure cellule Shure de l’époque…ce qui explique la qualité de cet enregistrement.

Une pensée pour ma copine Sylvie, coincée dans un hôpital parisien, une autre pour mon cher Christophe, qui est dans le même cas à l’autre bout du pays…

La page connexe est là pour aider à votre évasion.

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[Le vinyle du Dimanche soir] Art Blakey & The Jazz Messengers – ‘S make it ! – 1965

11 Juin 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #jazz, #Art Blakey

Spéciale dédicace à mon bien-aimé frère aîné qui, au début des années soixante, dans une ville du Moyen-orient et dans une cave probablement enfumée, répétait sur sa guitare demi-caisse électrifiée les morceaux d’Art Blakey en compagnie de deux frères délurés se chargeant de la section rythmique. Les disques des Jazz Messengers tournaient en boucle sur leurs Teppaz respectifs .

Ne voilà-t-il pas que chez un mien ami, dont le célèbre père est un grand amateur de Jazz, je tombe sur cette première édition mono édité par le label Limelight !

Dire que le jeune Art jouait du piano jusqu'à ce que le patron d’un club de Pittsburg où il se produisait ne le vire du clavier pour le mettre à la batterie, et ce sous la menace d'un revolver !! Tant mieux pour nous, si l'on en juge par 60 ans de bons et loyaux services derrière sa Gretsch, et tant mieux pour les nombreux musiciens qu'il a pu propulser au sein des Jazz Messengers, lesquels ont vu défiler dans leurs rangs la quasi totalité des grands souffleurs, depuis Horace Silver au commencement, jusqu’à Wayne Shorter, en passant par Clifford Brown , Hank Mobley, Kenny Garrett ou encore Freddie Hubbard

Cet album se fait sans Freddie Hubbard, qui vient de quitter le groupe, tout comme Wayne Shorter. De la précédente formation ne reste que le tromboniste Curtis Fuller, qui dès lors ne fera qu’occasionnellement partie du groupe. Et ce disque est la seule participation du saxophoniste John Gilmore, qui rejoindra ensuite le Sun Ra Arkestra.

Autant dire que c’est un album de transition, avec une première partie sans surprises, dans le style typique des Messengers, où le jeu sans pareille de Blakey permet à tous les musiciens de briller. Cependant les deux derniers morceaux font la part belle au trompettiste Lee Morgan, qui se révèle ici tendre et subtil, des qualités que la critique ne lui a pas souvent attribuées...

Allez, hop ! Du jazz, du vrai, sur la page connexe !

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[Le vinyle du Dimanche soir] Airto Moreira– Fingers– 1973

30 Avril 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #bresil, #jazz, #Flora Purim, #Airto Moreira

Grâce à la notoriété qui le précède depuis ses collaborations avec Miles Davis ou Herbie Hancock, Airto enregistre sous son nom un, voire deux disques par an à partir de 1971, en particulier un chef d’œuvre que je ne possède pas mais que je vous recommande chaudement : « Natural feelings ». Entre autres perles, je vous propose ces « Fingers », un album qui réunit, outre Flora Purim, un quintette de musiciens brésiliens et américains relativement peu connus. Les compositions fusionnent résolument rythmes brésiliens et jazz-rock, avec virtuosité et fantaisie. Une époque où l’on expérimentait volontiers toutes sortes de choses excusera sans doute quelques vocalises superflues ("Wind chant", je ne nommerai personne), voire quelques fautes de goût (le très mainstream "San Fransisco River"), mais dans son ensemble cet album vous fera passer un agréable moment, sans être pour autant indispensable. Il a pourtant pas mal tourné sur ma platine, en témoigne son état…passable !

Airto, précurseur de la World Music, a passé l’ensemble de sa carrière à musicalement tout tenter, avec succès et bonheur, de Grateful Dead à Paul Simon et de Smashin’ Pumpkins à Depeche Mode en passant par Dizzy Gillespie. Et il ne s’arrêtera pas de si tôt !

Quoi de mieux pour conclure que de le laisser parler :

Me and Flora, and I can speak for her, have learned a lot together, We have learned to suffer quietly, to hold on to each other during the down times, then we say, ‘Let’s do it again.’ It’s been a beautiful roller coaster.”

Ecoutons donc ces Doigts d’or sur la page connexe

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[Le vinyle du Dimanche soir] Flora Purim– Stories to tell – 1974

16 Avril 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #bresil, #Flora Purim, #Airto Moreira, #jazz

Voilà de nouveau cette semaine une chronique féminisante avec la reine du jazz brésilien, et en filigrane le couple le plus solide et le plus fusionnel de la musique, c’est à dire la chanteuse aux six octaves Flora Purim et l’homme aux mille percussions, son époux Airto Moreira.

Après des débuts tapageurs avec Hermeto Pascoal, ils prennent  tous les deux la décision de s’installer aux USA dès la fin des années soixante, et leurs nombreuses collaborations avec les maîtres de la scène jazz, tels Stan Getz, Dizzy Gillespie , puis Chick Corea, ainsi que leur évident talent, bien entendu, leur ont permis de participer à des enregistrements qui les ont fait connaître du monde entier. Je ne vais pas retracer ici leurs carrières respectives, d’autant qu’elles ne sont pas terminées, mais je vous en ai déjà dit l'essentiel et vous pouvez vous reporter aux chroniques passées de plusieurs de leurs productions, dans ces pages, ici ou là. Et là aussi

Car non seulement je leur voue une grande admiration, mais une de mes grandes ambitions est de travailler avec elle un jour…( ambition qui pourrait se concrétiser, si j’en juge – je suis optimiste de nature – par une première prise de contact !! )

Il rêve, le gars…Il a un bon avocat ?  

A noter que Flora raconte très bien elle-même les moments essentiels de sa vie sur son site officiel. Les disques que George Duke a réalisés pour elle restent mes préférés, mais c’est une opinion personnelle qui est facile à contredire, tant ses 26 albums solo et ses 13 albums avec Airto peuvent enchanter le plus difficile des mélomanes. Nous parlons de celle qui porte le surnom de « Reine du Jazz brésilien », un titre qui n’est pas usurpé !

Le disque du jour a été réalisé avec Airto, bien sûr, accompagné d’obscurs musiciens nommés Miroslav Vitous, George Duke, Ron Carter, Raul de Souza, Earl Klugh, Oscar Neves, Carlos Santana, entre autres, bref une bande de métèques tout juste bons à faire de l’excellente musique…

Une affirmation à vérifier sur la page connexe .

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[Le vinyle du Dimanche soir] Billie Holiday– Greatest Hits Vol.2 – 1975

2 Avril 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #jazz, #blues, #Culte, #Billie Holiday

Je ne sais pas si vous l'aviez remarqué, mais depuis quelques semaines cette chronique ne concerne que des femmes. Je suis très féministe, et elles me le rendent bien ! Je compte bien vous en faire écouter voire découvrir encore quelques autres dans les semaines à venir.

Et aujourd’hui je vous propose la plus grande, la plus brisée et la plus talentueuse d’entre elles. Billie aura enregistré plus de 350 disques, dont bien 70 avec Teddy Wilson, les meilleurs d’entre eux datant des années 1930, accompagnée de Wilson et de Lester YoungStrange Fruit (1939) est la plus connue et la plus emblématique de ses chansons, mais je vous assure que vous trouverez ici une succession de perles intemporelles, pour la plupart enregistrées en public, et en mono bien entendu.

Toute son œuvre en fait la plus empathique et la plus émouvante des chanteuses, car quand on l’écoute, on entend et on comprend bien plus que ce qu’elle ne dit…

Cet album est une compilation réalisée par le label hollandais Cleo ‎– référence CL 0028683 . Je ne suis pas bien sûr de l’année de parution, mais ce vinyle a été acheté en 1985, l’’étiquette est encore dessus …

Ecoute obligatoire...

Sur la page connexe 

Pour les fidèles qui me lisent jusqu’au bout, je dois quelques excuses pour la brièveté de ce post. En résumé, hier c’était les dernières mises au point sur les morceaux de l’album de Paris DC que je suis en train de produire, ainsi qu’une séance photo pour sa pochette. Aujourd'hui j’emmène les masters au studio des Prods d’en Bas, pour ultime vérification. Nous y signerons les contrats d’édition, validerons les éléments graphiques et passerons commande du pressage…Oui, on travaille le Dimanche !

N’attendez cependant pas de sortie publique avant fin juin, début Juillet, car les trois sociétés – deux à Paris, une au Brésil - que nous constituons mes associés et moi-même, sont en cours d’officialisation…Et il reste encore beaucoup de travail côté artistique sur les différents projets que nous allons défendre, le tout dans un contexte professionnel assez morose. Je sais, tout çà fait un brin prétentieux, mais je vous garantis que c’est une aventure folle dont je suis certain de ne pas sortir intact…Je vous en dirai plus long au fur et à mesure. Mais je promets ici à vous, mes 15 premiers abonnés, de récompenser votre fidélité en vous offrant ce premier disque dès son pressage, pour peu que vous m’envoyiez votre adresse courriel afin de prendre contact. Ce ne sera pas tout de suite un vinyle. Patience. A vous de jouer. Mes autres lecteurs peuvent encore s’abonner,…A la semaine prochaine.

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[Le vinyle du Dimanche soir] Bigbonobo Combo – Monde de Brutes –2006-2017

1 Janvier 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #jazz, #jazzfunk, #bigbonobo, #curiosités

Fidèles lecteurs, non content de vous souhaiter que ce changement de millésime, si important pour les viticulteurs et les commerçants, vous apporte paix, santé et douceurs, ne voilà t’il pas qu’est venu par la même occasion le temps pour moi de vous faire part d’une décision folle.

Je monte mon label. Non seulement pour promouvoir les différents travaux menés ces dernières années, mais aussi pour tenter de concrétiser l’ensemble d’une synergie de moyens et de compétences avec tous ceux qui font partie de ma famille musicale.

Le vinyle de cette semaine est inédit, du moins commercialement parlant. Et je dois l’avouer, j’en suis totalement responsable. Il me sera donc difficile de le critiquer, et je vous propose de la faire pour moi sur l’espace commentaires. Je ne peux que vous en dire que sa gestation, a duré de 2004 à 2012, grosso modo, et vous dire combien il doit à ceux qui m’ont fait le plaisir de jouer ces morceaux.

A savoir : Mauro Durão, qui joue de tous les instruments à vent imaginables mais ici surtout de divers saxophones; Daniel Cambier, qui assume la plupart des parties de basse ; Nidal Joseph, hélas décédé depuis, mais qui m’a laissé le didgeridoo de « Serial killer from outerspace » ; et enfin Christophe Defays, qui est l’auteur de « Enfin seul ». Tout çà a été enregistré et arrangé dans mon project-studio. « Pour Marie T. » doit beaucoup à Leonard Bernstein, et « Notre vie » à Kenny Garrett, sans parler des voix de Jeanne Moreau, Albert Camus ou Antonin Artaud qui peuplent une musique essentiellemnt instrumentale, d’inspiration plutôt Jazz. Un album jazz, donc, ce qui était assez gonflé de ma part.

Pas tout à fait inédit cependant, puisqu’étant toutes ces années moi-même assez actif au sein de la communauté musicale utilisatrice des licences Creative Commons, la plupart de ces morceaux ont beaucoup voyagé sur le Net et se trouvent même illustrer parfois des vidéos de Call Girls, puisque libres de droits de reproduction…

[Le vinyle du Dimanche soir] Bigbonobo Combo – Monde de Brutes –2006-2017

Mais cet album sortira en édition vinyle limitée, en pressage 180 grammes s’il vous plait, et sera en quelque sorte un objet promotionnel offert à quelques 200 heureux élus…dont vous ferez peut-être partie, qui sait ?

En attendant, vous en avez la primeur, là, maintenant, le son issu du vinyle test sur la page connexe.

Les premières réalisations du label seront :

Paris D.C. « Eldorado » CD et vinyle

Bigbonobo Combo « Le kiwi cuit » CD et vinyle

En discussion avancée : Minanoh « Combattant » / Niak-Niak « La révolte des moutons »

A suivre : Paris DC « Le blues parisien » Cd et vinyle

Et des projets avec quelques noms connus que je ne peux révéler encore….

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Le vinyle du Dimanche soir] Wayne Shorter – Native Dancer – 1974

23 Octobre 2016 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #jazz, #bresil, #Wayne Shorter, #Weather Report, #Airto Moreira, #Culte

La tentation du tropicalisme avait déjà incité plusieurs musiciens de jazz, tels Phil Wood et Stan Getz, à collaborer avec des musiciens brésiliens. Frank Sinatra a ainsi signé plusieurs albums avec Antonio Carlos Jobim dans les années soixante. L’idée d’injecter la tradition brésilienne au jazz n’est donc pas neuve, mais le résultat n’aura jamais été aussi probant que sur cet album qui aurait pu être co-signé par Milton Nascimento. En effet, ce dernier est crédité de cinq des titres, trois étant du seul fait de Wayne Shorter, et le dernier, « Joanna’s theme », signé Herbie Hancock.

Attention, chef d’œuvre !

 

Cet enregistrement est le dix neuvième de Shorter en tant que leader. Membre des Jazz Messengers de Art Blakey pendant une demi douzaine d’années, partenaire de John Coltrane puis de Miles Davis (Bitches Brew), ce saxophoniste de génie était déjà à l’origine d’une des plus belles aventures musicales jamais entreprises sur cette terre, Weather Report.

Pour l’occasion, et dans le but déclaré de créer une nouvelle avancée de la fusion qu’il a inventée avec Miles, Wayne s’adjoint les percussions et la folie de Airto Moreira ainsi qu’une section rythmique des plus solides avec Roberto Silva à la batterie et Dave Mc Daniel à la basse. Le pianiste Wagner Tiso est aussi de la partie.

Que du beau monde, donc, pour un dossier des plus relaxants.

Si la voix très particulière de Milton Nascimento enchante tout le disque, et peut même  aller jusqu’à en agacer d’aucuns, sur le plan strictement musical on y trouvera aussi bien l’influence de Coltrane sur les soli de sax que des citations moins évidentes, comme dans le second titre, « Beauty and the beast », où Herbie Hancock manifestement s’amuse avec les accords de « Bennie and the jets », l’album d’Elton John paru l’année précédente.

Mes titres préférés ? Beauty and the beast  justement, From the lonely afternoonsMiracle of the fishes, et enfin Lilia et son thème obsédant.

Une vraie réussite, donc, que cet album original et captivant qui à l’époque aura réveillé la curiosité des amateurs de jazz pour la musique brésilienne. Et qui, à mon sens, n’atteint jamais si bien son but que lorsque Milton se tait… Curieusement, malgré un accueil très positif de la critique, ce disque est de nos jours quelque peu oublié. Je vous propose de vous le remémorer sur la page connexe.

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[Le vinyle du Dimanche soir] Pink Floyd – Atom Heart Mother - 1970

18 Septembre 2016 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #Pink Floyd, #rock, #jazz, #Culte

[Le vinyle du Dimanche soir] Pink Floyd – Atom Heart Mother - 1970

Le disque de la semaine fut un énorme succès commercial à sa parution, et pourtant reste un album singulier dans la discographie de Pink Floyd, en cela qu’il cède à la grande utopie des seventies de vouloir à toute force marier la musique classique au rock…le "progressif symphonique"...Une utopie qui accouchera souvent du pire, comme avec Emerson Lake & Palmer, ou encore avant eux The Electric Prunes et leur indigeste « Mass in F minor », mais qui verra aussi quelques tentatives intéressantes, comme avec Genesis. Et encore…

[Le vinyle du Dimanche soir] Pink Floyd – Atom Heart Mother - 1970

Toujours est-il que pour l’occasion le quatuor s’est fait aider par un compositeur plus fortiche qu’eux en matière d’arrangements et de composition dite classique, Ron Geesin, à qui l’on doit le thème autour duquel est articulée la totalité de la face A. S’il y a clairement volonté de surprendre et le public et la critique en rompant plus ou moins avec ce qu’ils avaient produit auparavant, avec une pochette pour le moins originale, le résultat m'a personnellement fortement déçu… Malgré de belles parties de chœurs et une très réussie superposition d’un solo de violoncelle avec la guitare de Gilmour, l’ensemble de cette suite instrumentale est à mon sens polluée par des cuivres pompiers et parsemée de dissonances qui font que jamais la sauce ne prend entre ce que joue le groupe et ce que joue l’orchestre.

C'est mon avis, hein, faites-vous votre opinion avec une version plus récente, jouée au théâtre du Chatelet.

La face B est plus réussie. Elle nous propose démocratiquement un titre par personne ("If" pour Roger Waters, "Summer '68" pour Rick Wright et "Fat Old Sun" pour David Gilmour) avec pour finir des bidouillages sonores de Nick Mason mettant en scène un roadie du groupe (Alan). Et contrairement à ce qu’on avait regretté dans Ummagumma, avec ses compositions solo souvent grandiloquentes et même parfois carrément bancales, cette face est des plus plaisantes, chaque morceau développant un style bien particulier, entre folk et jazz, avec en apothéose sonore les susdits bidouillages, bruits et ambiances remarquablement bien enregistrés par Alan Parsons, le célèbre ingénieur de ce projet, qui fut d’ailleurs le premier disque à sortir en quadriphonie.

Encore un disque « charnière », donc, pas le meilleur, peut-être même le moins réussi d’un groupe dont ce fut la seule incursion dans un genre heureusement vite abandonné, un groupe qui saura ensuite nous donner le magnifique Meddle

Mon exemplaire est un original, et son nettoyage en vue de la meilleure numérisation possible a été assez difficile... J’ai un lecteur témoin direct !

En écoute cette semaine seulement sur la page connexe

P.S. Comme on me l’a demandé, cette page connexe a été reconstruite pour permettre sa lecture sur les smartphones et autres tablettes délaissant la moribonde technologie Flash. Mais son fonctionnement reste sensiblement identique. Sauf qu’il vous faudra cliquer sur les différents boutons de lecture de chaque morceau… N’hésitez pas à commenter !

A la prochaine.

[Le vinyle du Dimanche soir] Pink Floyd – Atom Heart Mother - 1970
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[Le vinyle du Dimanche soir] Les Baxter – Music out of the moon - 1947

19 Juin 2016 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #Les Baxter, #jazz, #Exotica, #Culte, #Curiosités

[Le vinyle du Dimanche soir] Les Baxter – Music out of the moon - 1947

J’ai une inclination coupable pour la musique de Les Baxter, que d’aucuns osent qualifier de médiocre, alors qu’à mon sens c’est un artiste majeur, un défricheur qui a su se trouver en adéquation avec son époque, en offrant au public l’évasion dont on avait grand besoin aux lendemains de la seconde guerre mondiale. J’en veux pour preuve le succès mondial rencontré avec « Ritual of the Savage ». Vous pouvez relire aussi si besoin un article relatif à un autre de ses albums, « Carribean Moonlight »

Celui-ci est initialement paru en 1947 sous forme de coffret renfermant trois 78 tours 10 pouces avec un morceau par face. C’est ici la ré-édition 33 tours 10 pouces mono parue en 1950 que je vous propose, numérisée sur DAT dans de très bonnes conditions. J’avoue m’être procuré depuis l’intégrale sur CD…On est fan ou pas.

[Le vinyle du Dimanche soir] Les Baxter – Music out of the moon - 1947

L’inventeur du Lounge Jazz et de l’Exotica est ici l’arrangeur de morceaux composés par Harry Revel (1905-1958) qu’il ré-interprète avec le Docteur Sam Hoffman, performer de Theremin , un instrument aux sonorités étranges déjà popularisé par le docteur pour des musiques de films tels que Lost Weekend (1945) ou The Day the Earth Stood Still (1951). A noter qu’on retrouvera S.Hoffman sur le premier album de Captain Beefheart and his Magic Band , "Safe as Milk" en 1967, année de son décès..

[Le vinyle du Dimanche soir] Les Baxter – Music out of the moon - 1947

On pourrait craindre une partition articulée autour du Theremin, or Les Baxter l’utilise heureusement avec parcimonie en faisant la part belle à des harmonies vocales très hollywoodiennes. Sa carrière de compositeur n’a pas encore vraiment commencé, mais en tant qu’arrangeur il démontre ici qu’on peut lui donner n’importe quoi, il y apporte son talent unique et fait tout briller en technicolor (registerd trade-mark). Harpe, vibraphone, piano, cuivres et cordes, voix sans paroles encadrent strictement les excentricités bourdonnantes ou éthérées du Theremin, dont l’abus pourrait crisper... L’ensemble est romantique à souhait, impitoyablement teinté de rose, souvent passionnant et toujours joyeusement excitant. Même aujourd'hui, cet album reste une véritable capsule temporelle, qui nous transporte à la fois vers la fin des années 40 et vers un futur plus optimiste. Les Baxter aurait-il aussi inventé la musique « New-Age « ??

Pour l’anecdote, cet album était sur la mixtape - sur cassette (K7 !!) - emportée par Neil Armstrong sur le fameux vol Apollo 11, et il se l’est passé lors du retour, comme en témoigne le document ci-dessous ....

Vous pouvez en faire autant sur la page connexe

A la prochaine.

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[Le vinyle du Dimanche soir] Chick Corea - Return to Forever - 1972

12 Juin 2016 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #jazz, #jazzfunk, #Chick Corea, #Flora Purim, #bresil, #Culte, #Stanley Clarke, #Miles Davis, #Weather Report

[Le vinyle du Dimanche soir] Chick Corea - Return to Forever - 1972

Return to Forever est de ces albums qui auront marqué la naissance d’un genre musical, en l’occurrence le Jazz-fusion. .Même si à mon sens c’est à Miles Davis qu’en revient la paternité, puisque ce sont les musiciens qui participaient, comme Chick Corea, à l’enregistrement de son album Bitches Brew, qui en deviendront les principaux acteurs : John Mc Naughlin avec le Mahavishnu Orchestra, Wayne Shorter et Joe Zawinul avec Weather Report, Herbie Hancock et Bernie Maupin avec Headhunters, et enfin Chick Corea qui s’adjoint le -alors jeune- bassiste Stanley Clarke pour enregistrer en Février 1972 ce disque fondateur du genre.

[Le vinyle du Dimanche soir] Chick Corea - Return to Forever - 1972

C’est Manfred Eicher, génial producteur fondateur du label allemand ECM, qui supervise les séances. Cet amoureux perfectionniste du beau son aura là de la matière de choix, puisque chaque morceau est un exemple d’équilibre et de complémentarité parfaite des ingrédients, à savoir le saxophone et la flûte de l’inspiré Joe Farrell, très influencé par John Coltrane, le jeu subtil et intuitif de Stanley Clarke, qui n’a alors que 20 ans, et la voix unique –elle couvre six octaves !!- de Flora Purim, sur les rythmiques de son époux Airto Moreira, qui lui aussi était de l’aventure Bitches Brew. Ami de Zawinul, il sera aussi présent dans Weather Report.

On ne présente plus Chick Corea, dont on peut dire qu’il est au Fender Rhodes ce que Rostropovitch était au violoncelle, mais on peut signaler, pour l’anecdote, son admiration pour Ron Hubbard, qu’il cite régulièrement comme source d’inspiration et aux délires dianétiques duquel il adhère dès 1968….ce qui ne cesse de m’étonner.

Revenons à l’essentiel. Malgré la fidélité adamantine de Clarke, jamais l’entité Return to Forever ne sonnera aussi bien que cette première formation. Les formations suivantes, avec Al DiMeola et Lenny White en particulier, produiront parfois d’interminables pièces indigestes qui me brouilleront définitivement avec le genre.

Ici, les compositions ne cèdent en rien à la facilité, les mélodies sont accrocheuses et l’exécution allie toujours l’émotion à la virtuosité. C’est un de mes albums préférés, parfaitement conservé et numérisé sur DAT (Digital Audio Tape, pour mes jeunes lecteurs) dès 1990, à l’époque où je possédais encore une platine Thorens TD145 Mk2, équipée d’une cellule Shure M75, ce qui explique une restitution absolument parfaite de ce vinyle. Malheureusement le taux de compression Mp3 que j’ai dû utiliser pour vous en permettre l’écoute ne permet pas du tout de se rendre compte de la perfection technique de cet enregistrement, réalisé aux studios A&R de New York par l’ingénieur, mais aussi musicien, Tony May.

Une écoute accompagnée bien sûr de liens salvateurs, sur la page connexe…

A la prochaine !

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