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Bigbonobo

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[Le vinyle du Dimanche soir] Art Blakey & The Jazz Messengers – ‘S make it ! – 1965

11 Juin 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #jazz, #Art Blakey

Spéciale dédicace à mon bien-aimé frère aîné qui, au début des années soixante, dans une ville du Moyen-orient et dans une cave probablement enfumée, répétait sur sa guitare demi-caisse électrifiée les morceaux d’Art Blakey en compagnie de deux frères délurés se chargeant de la section rythmique. Les disques des Jazz Messengers tournaient en boucle sur leurs Teppaz respectifs .

Ne voilà-t-il pas que chez un mien ami, dont le célèbre père est un grand amateur de Jazz, je tombe sur cette première édition mono édité par le label Limelight !

Dire que le jeune Art jouait du piano jusqu'à ce que le patron d’un club de Pittsburg où il se produisait ne le vire du clavier pour le mettre à la batterie, et ce sous la menace d'un revolver !! Tant mieux pour nous, si l'on en juge par 60 ans de bons et loyaux services derrière sa Gretsch, et tant mieux pour les nombreux musiciens qu'il a pu propulser au sein des Jazz Messengers, lesquels ont vu défiler dans leurs rangs la quasi totalité des grands souffleurs, depuis Horace Silver au commencement, jusqu’à Wayne Shorter, en passant par Clifford Brown , Hank Mobley, Kenny Garrett ou encore Freddie Hubbard

Cet album se fait sans Freddie Hubbard, qui vient de quitter le groupe, tout comme Wayne Shorter. De la précédente formation ne reste que le tromboniste Curtis Fuller, qui dès lors ne fera qu’occasionnellement partie du groupe. Et ce disque est la seule participation du saxophoniste John Gilmore, qui rejoindra ensuite le Sun Ra Arkestra.

Autant dire que c’est un album de transition, avec une première partie sans surprises, dans le style typique des Messengers, où le jeu sans pareille de Blakey permet à tous les musiciens de briller. Cependant les deux derniers morceaux font la part belle au trompettiste Lee Morgan, qui se révèle ici tendre et subtil, des qualités que la critique ne lui a pas souvent attribuées...

Allez, hop ! Du jazz, du vrai, sur la page connexe !

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[Le vinyle du Dimanche soir] Art Blakey & The Jazz Messengers - Des Femmes disparaissent - 1959

20 Mars 2016 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #jazz, #Art Blakey

[Le vinyle du Dimanche soir] Art Blakey & The Jazz Messengers - Des Femmes disparaissent - 1959

A la fin des années 50, Paris aime le jazz, qui le lui rend bien. Le cinéma français dispose à demeure d’un vivier de musiciens tous plus talentueux les uns que les autres, qui viennent y jouer régulièrement ou y ont élu domicile. Et avant Louis Malle avec Miles Davis, Edouard Molinaro sollicite Art Blakey et ses Jazz Messengers en 1958 pour la musique de son film, « Des Femmes disparaissent », inspiré d’un roman de Gilles Morris-Dumoulin paru avant guerre et remanié par Albert Simonin. Une sombre histoire de traite des blanches, où un courageux – mais jaloux – jeune homme sauve sa trop naïve bien-aimée des griffes de méchants proxénètes. La sulfureuse Magali Noël, une vraie bombe sexuelle à l’époque, en partage l’affiche avec le jeune Robert Hossein et le méchant de service, le génial Philippe Clay, également chanteur à ses heures.

Art Blakey, Coleman Hawkins, Stan Getz et d’autres participeront ainsi à une demi-douzaine de bandes-son de films français avant que la « nouvelle vague » des Godard et Vadim ne fassent du Jazz la signature sonore indispensable à leur cinéma. Toutes ces participations sont loin de céder à une routine facile basée sur des mélodies éprouvées. Elles ont donné naissance à un nouveau style, condensé et intense, fait de morceaux courts destinés à coller à l’image.

Art Blakey, batteur emblématique du Bebop, qu’un voyage en Afrique et une conversion à l’Islam dans les années quarante distinguent de ses comparses, a formé son propre orchestre en 1956 après avoir accompagné pendant une bonne quinzaine d’années des artistes comme Miles Davis, Bud Powell, Thelonius Monk ou encore Horace Silver. Dans ses Jazz Messengers, il aura le flair d’engager de futures pointures comme Lee Morgan ou Wayne Shorter. Ce grand bonhomme était de ces « passeurs » dont l’influence aura été déterminante. Wynton Marsalis, Kenny Garrett et la plupart des futures vedettes du Jazz ont fait un jour partie des Jazz Messengers… Les albums « Moanin » et « Night in Tunisia » font désormais partie des classiques que tout amateur se doit de connaître. Il laisse derrière lui l'un des héritages les plus riches qui soit.

En écoute cette semaine sur la page connexe.

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