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Bigbonobo

Le pré-mastering, pourquoi, où et comment ?

Publié dans #musique, #parlonszic, #studio, #enregistrement

Le mastering, kézaco ?

 

Pour la fabrication d'un vynile,  norme RIAA et compatibilité signal source-machine obligent. Contraintes mécaniques et rendu sonore vont ici de paire, et un mix mal calibré est à rectifier de façon drastique pour permettre la fabrication d'une bonne matrice.

C'est incontournable, affaire de spécialistes, et çà ne se pratique que chez quelques sorciers initiés à la magie de la galette noire.

Où çà ? Voici quelques adresses:

Mathieu Berthet

DK Mastering

et à Londres,  JTS Studios

 

Gravure-de-vinyle

 

Pour la fabrication d'un Cd, c'est la confection du  glass-master, d'après ce que vous aurez fourni comme source, bande master 1/2 pouce analogique ou numérique, DAT, cassette 8mm exabyte, cassette Umatic, Cd-R, j'en passe et des meilleures.

 

Ce qui nous intéresse, c'est le pré-mastering.

Pourquoi ? Parce que votre mix, malgré tout le soin que vous y avez apporté, tout "normalisé" qu'il soit, sonne pauvre en niveau par rapport  à n'importe quel enregistrement commercialisé. Même par rapport au dernier Sardou. Si, si.

 

Et là, il y a débats !

D'abord celui de la "course au niveau"  qui a engendré bien des outrances sonores depuis que l'on a pris conscience de la réserve dynamique du Cd et qui a des détracteurs très convaincants dont vous trouverez les arguments sur ce site : Turn Me Up !

On doit cependant reconnaitre qu'il est devenu impensable d"adopter le niveau sonore qui était habituel dans les années 80, aux débuts du Cd,   que ce soit pour le disque ou même pour la diffusion internet.

Ensuite le débat qui consiste à choisir entre plusieurs options. Soit s'adresser à un studio de mastering réputé - voir les liens ci-dessous -, soit utiliser un service de mastering en ligne, soit se doter d'outils numériques et le faire soi-même.

 

Le studio spécialisé, disons-le d'emblée, est la meilleure solution.

 

bigstudio4a.jpg

 

Vous y trouverez un interlocuteur aguerri, dont le métier est d'être à votre écoute, doté des meilleurs matériels de traitement, dans des locaux acoustiquement adaptés, des diffuseurs multiples et neutres, des stations numériques de montage comme  Pyramix...Bref, tout ce qui permettra d'embellir et de calibrer au mieux votre mix avec un recul professionnel.

Revers de la médaille, c'est relativement cher. Relativement, car lorsqu'on a déjà investi dans un enregistrement en studio, mégoter sur cette étape oh combien finale serait se priver d'un atout indispensable.

Il faut compter sur une fourchette allant de 120 à 300 € par titre, de 900 à 1500€ l'album, selon les prestataires, le fin du fin étant peut-être  Sterling Sound à New York, ou  Translab à Paris.

Tout cela pour que votre disque sonne bien partout, aussi fort que Madonna, aussi clair que Steely Dan et aussi boombastic que ...David Guetta ??!

Parce que c'est bien un disque que vous voulez faire ?

Pas juste des titres qui seront vendus à l'unité sur Itunes au format Mp3 ?

Parce que dans ce cas, peut-être qu'un service en ligne vous suffirait ?

Je ne veux pas faire genre, mais j'aurais tendance à déconseiller d'utiliser ce moyen  pour  faire autre chose que du fichier 320 Kbpset ce pour avoir essayé plusieurs fois sur des titres que j'avais mixés,  sans réelle satisfaction.

Il est fort probable qu'ayant une activité commerciale, ces structures se sont dotées d'outils adéquats et ont un recul appréciable sur ce qu'on leur envoie.

Par ailleurs; le service est la plupart du temps rapide, et on vous offre des essais qui vous permettent d'anticiper sur le résultat final. Ce sont des avantages certains. Vous trouverez ci-dessous quelques liens de services en ligne.

 GRALON

 MIWIM

 MASTER LABS SYSTEMS

 

cd1d2008.jpeg

Comment préparer son mix pour le pré-mastering ?

Plus vous espérez un résultat top niveau, meilleure devra être votre source. En numérique, un fichier 24 bits 48Khz est la norme a minima. Evitez le DAT, fragile, la bande analogique, qui demande machines étalonnées en voie de disparition, ainsi que le Cd-R audio. Le Cd-rom est bien plus fiable et n"altère pas les données.

En outre, il peut sembler judicieux de préparer des stems.

WTF ?? Les stems, et leur production sont particulièrement bien expliqués dans ce document. Ce sont en fait les fichiers stéreo des sous-groupes de votre mix. Batterie, guitares, basse, cuivres, choeurs, synthés...effets compris, qui peuvent ainsi être traités indépendamment les uns des autres sans dénaturer le mix, histoire de corriger quelques erreurs potentielles dans l'équilibre tonal, ou même  pour entièrement reconstruire un arrangement différent, une version "dancehall" longue par exemple... 

J'en profite ici pour revenir sur la page

 Bien réussir un mix en studio 

et sur les conseils concernant les compressions et l'édition des pistes: Les stems ne doivent pas être compressés à outrance, il faut laisser ce choix au pré-mastering, puisqu'on a fait des stems ! De même, laissons au pré-mastering le nettoyage de ces stems, les fades et les enchainements !

 

Comment pré-masteriser à la maison ?

Well, well, well. Soyons honnêtes. Vous n'avez pas tout enregistré au studio qui vous a coûté si cher. La batterie seulement, et aussi les guitares pour avoir l"ampli qui va bien. Vous avez fait tout le reste dans votre home studio parce que vous avez un bon micro et tous vos synthés, et une bonne carte son...Alors vous allez vous lancer dans le pré-mastering. Allons-y.

Plusieurs outils logiciels existent pour l'amateur de sensations fortes, aussi vais-je en désigner quelques uns à proscrire d'emblée, à mon humble avis, parce que peu probants ou usines à gaz. Ce sont  Automatic Audio Mastering System et  IK Multimedia T-Racks.

T-racks n'est pas très cher, mais on peut se constituer une chaine de pré-mastering en accumulant quelques plugs gratuits. Je parle pour un environnement PC-VST uniquement, pardon pour tous ceux qui travaillent sur Mac ou sur des stations DAW ProTools, mais ceux-là n'ont pas besoin de mes pauvres conseils :o) !

 

 

       main medium0        main medium       main medium2

De quoi a-t-on besoin ?

 D'outils d'analyse, d'équalisation, d'élargisseur stereo, de compression multibandes, d'exciter, et d'un limiteur.

Chez  Blue Cat Audio, on trouvera un pack avec des éléments intéressants.

Chez  Elaxoga, des exciters.

Chez  Flux, un "stereo tool'

Chez  Digitalfishphones, des compresseurs

Chez  Weldroid, de l'air et de l'espace

Chez  Kjaerhus, un limiter...

En fouinant un peu sur des sites comme  Audiofanzine ou  KVRaudio, vous trouverez de quoi vous constituer votre propre chaine de mastering.

 

Mieux vaut tout de même acheter un logiciel spécialisé.

 

O4 EQ med

Je vous conseille sans réserves  Izotope Ozone 4, qui reste à mon avis la meilleure solution "tout en un", pour un prix somme toute abordable et malgré une prise en mains un peu délicate.

Mais ce qui reste primordial en la matière, c'est le local où vous allez travailler, les écoutes que vous allez utiliser, et le capital expérience que vous allez vous constituer.

Il vous faut une pièce dédiée. Impossible de faire çà dans votre local de répétition !

Tapis au sol, rideaux épais, absence de reflections parasites, silence ambiant et confort mat sont de mise pour un local destiné au mastering. Une bonne collection de disques choisis pour leur qualité sonore fait partie de la panoplie, de même qu'une bonne chaine de reproduction, lecteur Cd Hifi, console pour monitorer les sources et les écoutes, des écoutes actives bien neutres, si possible assorties d'un caisson de basses bien calibré, une écoute hifi ampli + enceintes passives, et une écoute active type "broadcast"....un bon fauteuil situé au "sweet spot", de la patience et des capacités auditives intactes...Pas mal de conditions pointues assez compliquées à réunir !

Focal-JMLab-Chorus-CC800V-Moka_P_900.jpg

Les  écoutes mériteraient une page dédiée tant le choix ainsi que les paramètres à prendre en considération sont nombreux. Il convient de s'orienter vers du sérieux, comme chez  FOCAL ou chez  ADAM .

Lorsque vous travaillerez, vous référer à des enregistrements du commerce similaires au résultat que vous voulez atteindre sera une aide indispensable (d'où la chaine Hifi et la collection de disques, le fauteuil et le sweet spot).

Et lorsque vous croirez avoir terminé, écouter çà sur l'autoradio ou le ghettoblaster vous fera remettre à l'ouvrage !

Nous n'avons pas évoqué la nécessité de respecter la norme Red Book pour élaborer une image disque Iso prête à être transferée en glass master. Les codes d'agencement des plages du Cd, les pauses, tout doit être mis en place dans un logiciel fait pour. Vous avez ici une FAQ qui répond à absolument toutes les questions que vous pouvez vous poser sur les Cds.

 

Voilà, vous êtes en mesure de transformer çà

waveform.gif

pour en faire çà   waveform2.jpg ...J'exagère !! :o)

 

Est-ce que c'est mieux ? C'est une autre histoire.

Je pense que la musique doit rester dynamique, et que les radios d'abord, la course au niveau ensuite, ont fait beaucoup de (dis) torts au son, qu'il faut savoir raison garder, comme disait l'autre.

Le pré-mastering reste néanmoins une étape finale incontournable.

Dans tous les cas de figure, je vous souhaite bien du plaisir.

 

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