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Bigbonobo

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[Le vinyle du mois] Eric Ter - Grandeur et Mystères (1998)

16 Juillet 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #rock, #blues, #frenchrock, #EricTer, #EricSirkel, #parlonszic, #chicparisien

"Cherchez l'erreur". Je n'en ai pas trouvé beaucoup dans ce magnifique concept album qu' Eric Ter réalise avec Daniel Cambier et Jean-Bernard Lepape à son retour des USA en 1998.

Si vous ne l'avez déjà lu, je vous suggère de vous reporter à un article plus général fort audacieusement intitulé "Sexarockers"...

Sur des riffs de basse d'une efficacité sans failles, émaillé d'échantillons choisis avec goût et magistralement orchestré, enregistré et mixé par Eric lui-même, ce disque fourmille d'idées musicales et de surprises sonores inusitées qui habillent sans le moindre temps mort une inspiration et une écriture splendides. J'y vais trop fort ?

Allez, je regrette que Jean-Bernard ne joue pas sur tous les morceaux, sans doute par économie de moyens, ce qui induit l'usage d'une boite à rythmes ou de boucles de façon parfois trop sensible. Mais les arrangements de guitares sont si intéressants qu'ils occultent ce rare défaut...Quant à Daniel, on peut sur "Sacrés Chakras" mesurer l'étendue de son jeu, comparable ici à celui d'Alphonso Johnson, rien de moins...J'y vais encore trop fort ?

Une critique: l'échantillon de l'intro de "I'm the Walrus" dans "Abus de confiance" aurait pu te coûter très cher, Eric !

Une autre: toi qui écris de si bonnes chansons, "Dragon sympathique"...papillon à moteur..."Le mome au projecteur", "Miroir"...toi qui y vois des trucs qu'ya pas dans la pièce...toi qui joues si brillamment de la guitare, toi dont j'admire le talent, l'élégance et l'acharnement, toi qui sais pourtant qu'il faut caresser le système dans "Le sens du poil", toi qui sais si bien cultiver l'amitié et rester fidèle à tes principes, pourquoi, dans la vraie vie, ne souris-tu pas plus souvent ? Allez, "Dis-le"...

Faites donc plus ample connaissance avec cet artiste unique sur son site officiel !

Cet album sera sans doute ré-édité chez Chic Parisien, label sur lequel cet authentique guitar-hero fait son retour, comme en témoigne "Play It Up !", un nouveau titre en vidéo, ci-dessous

Pour écouter cet album, on doit enclencher le jukebox

Pour acheter d'autres albums réalisés entre-temps, il faut se rendre sur le site de Dixiefrog..

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Je monte mon label : Chic parisien

9 Juillet 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #musique, #Labek Chic Parisien, #parlonszic, #Initiatives

Monter un label discographique en 2017 peut paraître une entreprise hasardeuse. Cependant, l’objet disque, quelle que soit sa nature, vinyle ou Cd, reste indispensable au développement de la carrière d’un artiste, même si prétendre assurer sa présence physique chez tous les détaillants de France et d’ailleurs est totalement illusoire. La simple observation des habitudes de consommation de la musique révèle que le public n’achète plus de musique qu’à l’unité, au format MP3 sur les plateformes de distribution musicale, et ne se tourne vers le format album que lorsqu’il est « fan », ou pour une compilation d’un genre qu’il affectionne.

En revanche, le disque reste pour l’artiste une carte de visite auprès des radios et des annonceurs,  une partie du merchandising proposé au public lors des concerts, mais aussi un objet qui se vend en VPC, de préférence « augmenté » de composants exclusifs qui font de l’acheteur un interlocuteur privilégié.

Ne pouvant plus assurer l’essentiel de leurs revenus par la vente de disques, les labels reviennent de fait à leur cœur de métier, c’est à dire le support et la promotion tous azimuts de leurs artistes.

 Quelques éléments de réflexion :

  • En France, les labels indépendants totalisent 90% de la production de musique enregistrée .
  • Comme le vinyle avant lui, le Cd est déclaré, peut-être à tort,  moribond , et le format qui lui succède naturellement est le fichier numérique ;

Les ventes en distribution numérique augmentent régulièrement et le streaming permet peu à peu au chiffre d’affaires de l’industrie du disque de se rapprocher de son niveau à l’orée du siècle, après quinze années de crise profonde ;

  • Les besoins en musique, en particulier pour la « synchro » ( illustration sonore, génériques, jingles et documentaires) n’ont jamais été aussi forts ;
  • Pour gagner 100 euros, un artiste doit = soit passer 14 fois en radio grand public (-sachant que la majorité des radios diffusent environ 2000 titres par an, ce n’est pas gagné…-), soit vendre 100 Cds dans le circuit de commercialisation traditionnel, soit être écouté 250.000 fois en streaming payant, soit être écouté un million de fois en streaming gratuit ;
  • Les coûts de production sont désormais réduits, voire nuls dans certains cas ;
  • Les coûts de fabrication ont baissé sensiblement pour le physique, et sont nuls pour la distribution numérique ;
  • En revanche, les coûts de distribution des exemplaires physiques et les coûts de la promotion publicitaire classique ont drastiquement augmenté ;

Il existe de nouveaux prescripteurs en musique, hors presse spécialisée et radios : les internautes eux-mêmes, par le biais des réseaux sociaux et des blogs spécialisés. 

La concentration, verticale tant qu’horizontale, qui caractérise la structure des « Majors », leur a permis de surmonter la crise du disque qui sévit depuis la fin du siècle dernier, en particulier grâce à l’exploitation de leurs « back catalogues » mais aussi de par la pratique du « starsystem », qui fait que chez les derniers distributeurs de musique enregistrée sous forme physique, hypermarchés et grandes surfaces, on trouve désormais des séries de ré-éditions vinyle à 10 euros, à côté  des compilations NRJ et quelques parutions CD récentes de gros vendeurs. Quant aux radios généralistes, leur proximité structurelle avec les grands groupes qui détiennent les Majors complique l’accès à ce média pour les indépendants. Seuls quelques disquaires classiques – environ 300 en France, moins que de labels - permettent aux indépendants de montrer leurs disques, au prix d’un investissement initial en acheminement et en stock qui ne trouve pas de vraie rentabilité.

En revanche, la possibilité de monétiser la musique dématérialisée via de nouveaux médias, tels que Youtube, est source de potentialités inédites pour les indépendants. 

De ces simples observations, quels enseignements ? 

  • Un label se doit de « prouver » son existence par une production physique ;
  • Cette production doit profiter directement aux artistes souvent auto-producteurs des enregistrements, via des accords de licence  adaptés;
  • La distribution numérique est une obligation incontournable ;
  • Un label doit pouvoir se constituer une base de données lui permettant d’être directement en contact avec sa clientèle potentielle, et surtout la chouchouter par des exclusivités et des cadeaux : il faut savoir donner pour recevoir ;
  • Une politique de communication qui touche les nouveaux prescripteurs que sont les bloggers, les webradios et les réseaux sociaux est indispensable, mais sans exclusive, les médias traditionnels restant incontournables ;
  • Une stratégie de communication par titre, et non par sortie d’album, doit être élaborée ;
  • Le vinyle n’est plus un marché de niche. Les audiophiles le plébiscitent, les magasins vendent de plus en plus de platines tourne-disques, les fans les collectionnent.
  • Il faut inventer de nouveaux supports pour la musique enregistrée. 

Et la musique, dans tout çà ? Les dernières cérémonies de récompenses type « Grammy Awards » ont mis en évidence un fait relativement nouveau : les chansons lauréates sortent des mêmes « usines ». Le nom de Max Martin ne vous dit sans doute rien, et pourtant il cumule à lui seul, en tant que réalisateur, plus de ventes que les Beatles...et le formatage des rythmes et des accroches est de plus en plus flagrant, appliquant des recettes déclinées à l'infini. Il y aurait donc de moins en moins de place laissée aux indépendants, mais le corollaire en est la curiosité croissante du public envers une offre originale et non-formatée.

Mes projets 

 

Daniel Cambier joue de la basse pour de nombreux acteurs de la scène rock et variétés française depuis 40 ans. Mais il est aussi auteur-compositeur, guitariste et claviériste. Depuis trois ans, nous travaillons sur son magnifique album, « Eldorado », que je veux défendre. Il est accompagné d’un groupe qui réunit Jean-Bernard Lepape (batterie, ex-Socquettes Blanches et Au Bonheur des Dames – tournée Age Tendre & Tête de Bois), Christophe Defays (Basse, auteur des musiques des films « Renseignements généraux » (1989), « La cavale des fous » (1993), « Droit dans le mur » (1997), « Dans le sillon du juge sans robe » (2004) et « Zones d’ombre » (2011), ainsi qu’occasionnellement Patrick Dietsch (guitare, ex- Martin Circus). Les textes sont en français.

Eric Ter a enregistré son premier album en 1976 à Londres, avec Mick Taylor. Daniel fait partie du groupe avec lequel il enregistre le second en 1978, à Hérouville (célèbre studio français où Bowie a réalisé trois albums). Sur un coup de tête il part à New York rejoindre Jo Lebb (Variations), puis à Los Angeles où il tient les manettes d’un studio pendant 20 ans. De retour en France en 1998, il enregistre « Grandeurs et mystères » avec…Daniel et Jean-Bernard Lepape. Depuis, signé par Socadisc puis par Dixiefrog, il enchaîne une demi-douzaine d’albums fortement teintés Blues. Il est lauréat du Prix Spécial de la Sacem. Dixiefrog recentrant ses activités, Eric rejoint notre aventure avec un Ep 5 titres prêt à être diffusé, avant un album 12 titres en cours d’enregistrement. Les textes sont en anglais et (un peu) en français.

Les frères Teixidor sont une paire de mabouls qui n’ont pas 60 ans à eux deux et pour lesquels je veux défendre un Ep 6 titres, qui lui aussi devrait précéder un album. Les textes sont en français, du genre décapant. Ils vivent à Toulouse et ont un groupe qui tournicote dans leur région. L’un d’eux co-signe la musique de deux de mes chansons et mon premier mixage pour eux remonte à 2012. On aura là du funk qui tâche, de l’electro-dub enragé et du reggae-rock sans complexes…

Voilà...Ces trois artistes sont "signés", trois autres sont en passe de l'être...

Rendez-cous sur Chic Parisien pour nous soutenir, obtenir un téléchargement gratuit, vous inscrire à notre newsletter...écouter la mixtape du mois...faire vivre la musique !

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[Le vinyle du Dimanche soir] Chuck Berry – Mr Rock’n Roll – 1981

2 Juillet 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #Culte, #rock, #Chuck Berry

 

C’est d’une compilation sur vinyle 180 grammes pressée dans une usine tchèque et éditée en France qu’il s’agit aujourd’hui.

Un disque qui regroupe des titres immortels, que vous connaissez tous, indispensables à toute discothèque.

Rien de tel qu’un bon vieux Chuck, paix à son âme, pour vous annoncer la fin de ce rendez-vous hebdomadaire, après plus de 200 disques présentés et commentés.

J’avoue que cette rubrique dominicale me prenait pas mal de temps, un temps que je veux consacrer désormais à de nouvelles activités, encore plus prenantes, vous vous en doutez.

Mais, rassurez-vous, un bon vieux disque des familles viendra ponctuer chaque mois, « Le vinyle du mois », sous une forme plus condensée mais sans page connexe…En effet, sur cette dernière  vous trouverez dès la semaine prochaine quelques unes de mes chroniques pour Radio Kaos Caribou en écoute, ainsi que les liens pour télécharger l’intégralité d’icelles, soit 77 podcasts de 5 minutes chacun environ…Pour ceux qui supporteront ma voix grave et éraillée bégayant mes avis plus ou moins pertinents. J'éxagère à peine, avis aux amateurs… !

Mais surtout, une nouvelle rubrique viendra augmenter ce blog : elle sera consacrée à la toute récente création de mon label discographique, Chic Parisien. Enregistrements, interviews, reportages et découvertes sont au programme, un programme difficile à tenir sans votre soutien, vous en conviendrez. 

J’en profite pour vous faire part de l’opportunité de télécharger gratuitement 6 titres et une vidéo, extraits de l’album de Paris DC « Eldorado » , en vous connectant et en laissant votre adresse courriel sur le site du label…Il s’agit de notre première parution, dont la qualité et la fantaisie pourraient bien vous surprendre agréablement…

La seconde publication du label sera le mini-album d’ Eric Ter, dont le retour devrait ravir plus d’un amateur de blues-rock, une publication qui precèdera la sortie d’un album 33 tours vinyle, prévu pour la fin de l’année !! Je vous invite à faire partie de nos premiers visiteurs, vous serez chouchoutés ! L'ouverture de la boutique en ligne est programmée pour le 15 juillet, en attendant venez nous découvrir !

En attendant, du Wokenwoll comme peut-être on en fait encore,

sur la page connexe.

Vous pouvez bien entendu vous procurer le dernier disque de Mr Berry, en vinyle,  le posthume « Chuck »,  à 25€,  sur Amazon….et ailleurs. Cela n’enrichira pas forcément qui de droit.

Je ne vous dis pas à la semaine prochaine.

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[Le vinyle du Dimanche soir] Johnny Guitar Watson – Love Jones– 1980

25 Juin 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #funk, #Johnny Guitar Watson, #blues, #JimiHendrix, #FrankZappa

Le dix-neuvième album du guitariste préféré de Frank Zappa est un pur moment de funk moite et sensuel. Je

prends toujours autant de plaisir à me laisser aller à dandiner bêtement en l’écoutant…Son cas a déjà été évoqué sur ces pages, mais je me permettrai de résumer encore son histoire :

Johnny « Guitar » Watson n’a pas 20 ans lorsqu’il fait ses premières armes en participant aux groupes qui accompagnent les tournées de B.B. King, de Sam Cooke, Little Richard et autres Shirelles. Avec Guitar Slim, puis Larry Williams, il écume les clubs californiens puis anglais, et commence à se tailler une réputation de formidable guitariste et de showman accompli. Jimi Hendrix le citera comme une de ses influences majeures…Sly Stone, et Prince lui-même, étaient fans et le considéraient comme un Maître… Jusqu’à notre Johnny national, qui adaptera deux de ses chansons, faisant de « Cuttin’ in » « Excuse moi partenaire » en 1963 et de « Sweet lovin’ Mama » « Pour moi tu es la seule » en 1964. Ses premiers albums solo sortent dès 1962 chez Chess et King Records, mais ne rencontrent qu’un succès d’estime, comme les 5 ou 6 suivants d’ailleurs, et il lui faudra attendre 1975 et sa signature avec le label DJM avec l’album The Gangster is back , puis une tournée européenne explosive pour que sa carrière décolle un tant soit peu. 

 

Toujours en 75, avec une tournée européenne explosive, sa carrière décolle un tant soit peu. La même année, il enregistre avec Zappa One size fits all et le public français l’adopte –sans qu’il y ait corrélation entre ces deux faits !-. Les années 90 verront son déclin commercial...

Une crise cardiaque l’emporte en 1996 lors d’un concert au Blues Cafe de Yokohama…

Ce disque alterne titres punchy ( « Booty Ooty », « Going up in smoke », Telephone bill ») et balades sexy (« Love Jones », « Close encounters ») mais on y trouvera aussi du Gospel ‘ (»Jet plane ») et une tentative ethnique (« Asante Sana »). De quoi se distraire un peu des turpitudes ambiantes en cette fin provisoire de canicule, en écoutant tout çà sur la page connexe.

[Le vinyle du Dimanche soir] Johnny Guitar Watson – Love Jones– 1980
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[Le vinyle du Dimanche soir] Azymuth – Crazy Rhythm – 1988

18 Juin 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #bresil, #MPB, #Azymuth, #jazz, #jazzfunk

Ce trio brésilien, formé en 1973 par le claviériste José Roberto Bertrami, le bassiste / guitariste Alex Malheiros et le batteur / percussionniste Ivan Conti, s’est vite fait connaître au delà des frontières de son pays et s’est installé aux USA au début des années 80.

Je les considère un peu comme les inventeurs du sous-genre Chill out …! On trouve d’ailleurs leurs morceaux éparpillés sur bon nombre des compilations qui se sont multipliées pour pallier la crise du disque…le site discogs signale leur participation à pas moins de 197 compils ! Popularisés en France par FIP Radio, ils seront les premiers représentants de la MPB (musica popular brasileira) à être programmés au Festival de Montreux en 1976.

Leur virtuosité, mise au service d’une musique à la grande puissance évocatrice, leur samba doido ("samba folle"), leur a valu le succès: il n'y a évidemment rien de fou à la fusion des rythmiques organiques du Brésil avec l'électro-funk et le jazz !

C’est le décès en 2012 de José Bertrami qui mettra fin aux productions du groupe, après 25 albums, tous magnifiques. On peut se reporter à leur site officiel qui retrace leurs  55 années de carrière, avec quelques vidéos exclusives, en particulier celle de leur concert d'adieux à Paris en avril 2016, ceux qui y étaient s'en souviennent sans doute...

En tous cas voilà un album parfait pour siroter quelque chose de frais en cette fin de journée caniculaire !

Ce disque a été numérisé en 1990 sur Digital Audio Tape dès l’extraction de sa pochette, sur une platine d’exception équipée de la meilleure cellule Shure de l’époque…ce qui explique la qualité de cet enregistrement.

Une pensée pour ma copine Sylvie, coincée dans un hôpital parisien, une autre pour mon cher Christophe, qui est dans le même cas à l’autre bout du pays…

La page connexe est là pour aider à votre évasion.

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[Le vinyle du Dimanche soir] Art Blakey & The Jazz Messengers – ‘S make it ! – 1965

11 Juin 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #jazz, #Art Blakey

Spéciale dédicace à mon bien-aimé frère aîné qui, au début des années soixante, dans une ville du Moyen-orient et dans une cave probablement enfumée, répétait sur sa guitare demi-caisse électrifiée les morceaux d’Art Blakey en compagnie de deux frères délurés se chargeant de la section rythmique. Les disques des Jazz Messengers tournaient en boucle sur leurs Teppaz respectifs .

Ne voilà-t-il pas que chez un mien ami, dont le célèbre père est un grand amateur de Jazz, je tombe sur cette première édition mono édité par le label Limelight !

Dire que le jeune Art jouait du piano jusqu'à ce que le patron d’un club de Pittsburg où il se produisait ne le vire du clavier pour le mettre à la batterie, et ce sous la menace d'un revolver !! Tant mieux pour nous, si l'on en juge par 60 ans de bons et loyaux services derrière sa Gretsch, et tant mieux pour les nombreux musiciens qu'il a pu propulser au sein des Jazz Messengers, lesquels ont vu défiler dans leurs rangs la quasi totalité des grands souffleurs, depuis Horace Silver au commencement, jusqu’à Wayne Shorter, en passant par Clifford Brown , Hank Mobley, Kenny Garrett ou encore Freddie Hubbard

Cet album se fait sans Freddie Hubbard, qui vient de quitter le groupe, tout comme Wayne Shorter. De la précédente formation ne reste que le tromboniste Curtis Fuller, qui dès lors ne fera qu’occasionnellement partie du groupe. Et ce disque est la seule participation du saxophoniste John Gilmore, qui rejoindra ensuite le Sun Ra Arkestra.

Autant dire que c’est un album de transition, avec une première partie sans surprises, dans le style typique des Messengers, où le jeu sans pareille de Blakey permet à tous les musiciens de briller. Cependant les deux derniers morceaux font la part belle au trompettiste Lee Morgan, qui se révèle ici tendre et subtil, des qualités que la critique ne lui a pas souvent attribuées...

Allez, hop ! Du jazz, du vrai, sur la page connexe !

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[Le vinyle du Dimanche soir] Chocolate Milk – We’re all in this together – 1977

4 Juin 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #funk, #AllenToussaint, #Chocolate Milk

Spéciale dédicace à notre fantasque ami Donald avec cette semaine Chocolate Milk, un nom qui exprime la mixité, et un album à la pochette et au titre explicites. Les habitués de ces pages savent que suis fan de ce groupe, originaire de la Nouvelle Orleans, à mes oreilles un des trois groupes de funk les plus affûtés des années 70. Je vous laisse deviner quels sont les deux autres. Ils succèdent aux Meters en tant que backing-band  de Monsieur Allen Toussaint et bien entendu ce dernier est ici à la manœuvre, en tant que producteur mais surtout en signant paroles et musiques de 7 des 10 titres de l’album, et en co-signant les autres.

Je vous invite à vous reporter à mes précédents posts concernant cet immense personnage, dont certaines productions sont à classer au patrimoine de l’humanité, avec, dans le désordre et sans exhaustive, Lee Dorsey, Robert Palmer, Meters, Irma Thomas, Patti Labelle, Dr John…A lire ici.

Sans oublier de vous reporter à l’article concernant le plus gros succès discographique de Chocolate Milk, « Action speaks louder than words ».

Les deux premiers titres de la face A de l’album du jour, « Grand Theft » et « Thinking of you », ont connu un joli succès en vente single et en radio.

Il est bien dommage que ce groupe soit aujourd'hui oublié, mais significatif que leur effondrement artistique, avec deux albums ratés,  puis leur séparation définitive en 1982 soit consécutifs de leur émancipation par rapport à Allen Toussaint, survenue deux ans avant.

Il y eut une heureuse apparition d'une formation composée de quelques membres originels, épaulés par d'autres vieux briscards, pour un Festival en 2008...que je vous propose pour le plaisir.

Ceux qui n'aiment pas le bon vieux funk qui tâche peuvent se reporter à l'article "Chocolate consumption and cardio-metabolic disorders", très instructif, sinon... Allez, hop ! Sur la page connexe !

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[Le vinyle du Dimanche soir] Serge Gainsbourg & Jane Birkin – Je t’aime (beautiful love) – 1969

21 Mai 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #Culte, #Serge Gainsbourg, #Jane Birkin, #frenchrock

La chanson qui l’a fait connaitre dans le monde entier, qui lui a valu la colère de Sa Sainteté et le bannissement des ondes de la BBC a bien failli ne jamais voir le jour. Ecrite en 1967 pour Brigitte Bardot, puis maquettée en recyclant une partie de la bande-son d’un film obscur, « Les cœurs verts », devenu culte depuis, ne voilà-t-il pas que son égérie de l’époque se marie avec Gunther Sachs et lui refuse cette ultime collaboration. Désespéré, il demande à Marianne Faithfull de la chanter avec lui, puis à Mireille Darc et à d’autres qui toutes refusent. Fort heureusement, sa rencontre avec Jane Birkin sur le plateau du tournage de « Slogan », en 1969, lui permettra de réaliser son ambition. Et la voix juvénile de Jane, sa fragilité et son délicieux accent feront le reste, pour en vendre quatre millions d’exemplaires et provoquer un petit Baby-boom en 1970…

Gainsbourg est un type compliqué, mais sauvagement intelligent. Son analyse instinctive de la musique pop, de ce qui fonctionnait et de ce qui ferait sensation, en plus de l’expérience acquise dans son exploration du jazz, de la musique africaine et de l’art-rock britannique lui avait donné la certitude de pouvoir accomplir un « cross-over » définitif avec cette chanson. Mais si les morceaux de cet album sont si mémorables, si bien arrangés, c’est que là encore Gainsbourg a su utiliser les talents de ses collaborateurs. Ce disque doit beaucoup au génial arrangeur Arthur Greenslade, tout comme « Histoire de Melody Nelson », deux ans plus tard, devra beaucoup à Jean-Claude Vannier.

On y retrouve avec plaisir quelques anciennes chansons, comme « Elisa », « Manon » ou « Les sucettes », savamment revisitées ou assaisonnées de guitare wah wah, mais on y découvre aussi un "canari sur le balcon" totalement bâclé, pas en place, le cauchemar de l'ingé-son, une de ces bavures de remplissage que le grand Serge nous balançait avec arrogance... une si bonne chanson pourtant que c'en est vraiment dommage....Mais ce disque me paraît encore si frais et si plein de surprises, que même à nous autres vieux briscards qui avons appris à parler avec légèreté du sexe et de la mort en écoutant Monsieur Gainsbourg, il réserve encore quelques vertiges. Il s’agit ici de l’édition américaine de ce disque édité par  Fontana, un hasard m’en ayant fait hériter en excellent état…

En écoute sur la page connexe pendant quinze jours, puisque il n’y aura pas de chronique la semaine prochaine !

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[Le vinyle du Dimanche soir] Al Green – Back up train – 1972

14 Mai 2017 , Rédigé par bigbonobo

Je ne vous ferai pas l’injure de retracer la carrière du Révérend Green, tant sa renommée est grande. D’autant que du fond de mon lit de souffrance ( -…-)j’ai du mal à rédiger. Mais pour ceux qui connaissent bien cet artiste, le disque du jour sera sans doute une re-découverte. En 1968, comme des milliers de postulants de tous poils débarqués en ville, Al green et ses copains de College Palmer James et Curtis Rodgers enregistrent pour Hi Records, à Memphis, un titre qui atteint la cinquième place au Billboard R&B, « Back up train ».

Comme ils font ce qui est dans l’air du temps, leurs morceaux sont inspirés des O’Jays, des Impressions et par Curtis Mayfield. Et en 1969 ils tentent l’album, dans lequel ils n’auront comme but que de reproduire l’exploit. Le succès n’est hélas pas au rendez-vous, et ce n’est qu’en 1972 que cet album sera ré-édité….pour la première fois, puisque j’en connais au moins six versions différentes parues depuis, uniquement pour les vinyles... Pour résumer, la plupart des chansons de l’album sont plaisantes, mais souffrent d’erreurs d’arrangements, telles que congas envahissants, violons déplacés et orgues redondantes. Ce qui en fait en quelque sorte une curiosité, quand on connaît la qualité des productions que nous a livré ensuite le Monsieur.

A vérifier sur la page connexe

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[Le vinyle du Dimanche soir] Prince – Around the world in a day 1985

7 Mai 2017 , Rédigé par bigbonobo Publié dans #Vinyles, #Prince, #funk, #Culte

Puisqu’ aujourd’hui nous élisons le nôtre (de petit prince, s’entend, avec un scénario oedipien – elle a tué son père, il a épousé sa mère -…), cette semaine ce sera donc Prince, avec un album qui a marqué son époque et dont on dit que c’est peut-être le meilleur. Et oui, un an déjà.

Réalisé juste après Purple Rain, pendant la tournée de six mois qui a suivi la sortie du disque qui l’a emmené au sommet de la gloire, ce n’en est cependant pas la suite attendue. Au contraire, c’est un album beaucoup moins Pop et beaucoup plus psychédélique, un virage à 180 degrés qui fait la part belle aux guitares, un disque beaucoup plus intime et cérébral. A noter que le disque se termine sur des murmures : « je dois m’en aller maintenant, je ne sais pas quand je reviendrai » nous dit-t-il. Et de fait, Prince annonce à la presse peu de temps après la sortie de ce disque son retrait de la scène. On sait depuis que ce ne fut qu’un mouvement d’humeur…L’année suivante, ce sera la tournée Parade.

Aucun album de Prince ne se vendra autant, avec plus de deux millions de copies dans l’année de sa parution. Et c’est sans aucun doute son enregistrement le plus personnel. Le fils caché de Jimi Hendrix et de James Brown nous y délivre bien entendu des sentences aussi définitives que « l’amour est plus fort que le sexe », c’était plus fort que lui, mais il nous fait le cadeau de morceaux aussi imparables que « Raspberry beret »,  « Tamborine » ou « Pop life ».

On regrettera sans doute les paroles ouvertement droitières de « America », mais l’ensemble reste plaisant, ce qui est à vérifier sur la page connexe, hein ?

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